L’ART NOUVEAU
(1890(80)-1914)
L’Art Nouveau est un mouvement artistique qui se déploie dans le cadre de la période que l’on appellera rétrospectivement la « belle époque » en réaction au traumatisme de la première guerre mondiale. Son appellation a pour origine le nom de la boutique parisienne, La Maison de l’Art Nouveau (ouverte en 1895), d’un collectionneur et marchand d’art d’origine allemande, Siegfried (Samuel) Bing (1838-1905).
Il se développe dans de nombreux domaines, citons sans être exhaustif, la peinture, la sculpture, les affiches publicitaires, la décoration, le mobilier et notamment l’architecture. L’émergence de l’Art Nouveau marque la volonté d’une génération de créateurs européens, de rompre avec l’éclectisme et l’historicisme omniprésent dans l’esthétique du XIXème siècle en fondant de nouveaux codes stylistiques basés sur l’essence des beautés de la nature.
Cette volonté commune de rupture face aux cadres esthétiques traditionnels enfante une communauté de style mais pas un mouvement monolithique dogmatique puisque subsiste des différences entre les pays et les créateurs. Ce style possède différentes dénominations nationales, Art Nouveau en France, Modern Style en Angleterre, Jugendstil en Allemagne ou encore en Autriche Sezessionstil qui exprime sans doute le mieux la notion de rupture, de sécession par rapport à l’académisme. Cette esthétique nouvelle ne fut pas toujours appréciée ou comprise et l’on parla alors de style nouille ou encore de style métro, cette dernière dénomination étant à mettre en rapport avec les bouches du métro parisien réalisées par Hector Guimard (1867-1942).
L’architecture comme élément fondamental de l’Art Nouveau, tient au fait qu’il existe une volonté dans cette discipline, dans ses formes les plus abouties, de créer une œuvre totale où chaque détail du bâtiment a été pensé dans son intégration à l’ensemble. Dans cette optique le bâti devient le manifeste et l’écrin du style nouveau dans ses diverses expressions. Cette démarche globale tend à lisser l’opposition traditionnelle entre beaux-arts et arts appliqués, dichotomie de l’art en majeur et mineur que mettait déjà en question le mouvement réformateur anglais Arts&Crafts (arts et métiers) antérieur à l’Art Nouveau et où l’on retrouve déjà des thématiques animales et végétales plus ou moins stylisées. Les sources d’inspiration de ce style sont la nature et la féminité.
C’est un esthétisme qui se traduit par des formes fluides où les lignes sont courbes. Il est possible de voir aux origines de cet art une influence du japonisme florissant en occident dans la seconde moitié du XIXème siècle. La ligne droite et l’angle droit ne font pas partie du langage stylistique de l’Art Nouveau, ils ne sont pas en mesure d’exprimer, de traduire pleinement les formes naturelles. Parmi les motifs récurrents se retrouvent, la fleur à travers entre autre le lys et l’iris, des plantes comme la fougère et la liane, mais aussi le monde animal avec entre autre la libellule, le papillon ou encore le paon. Certaines réalisations de l’Art Nouveau peuvent laisser penser à des organismes vivants, à une production biologique où l’équilibre se mêle au déséquilibre produisant un étrange sentiment de mouvement.
1899
Jules Lavirotte architecte
Immeuble 12, rue Sédillot Paris 7e
Photos Lonzac
1900
Jules Lavirotte architecte
Immeuble 3, square Rapp Paris 7e
Céramiste Alexandre Bigot
Photos Lonzac
1901
Jules Lavirotte architecte
Immeuble 29, avenue Rapp Paris 7e
1904
Jules Lavirotte architecte
Hôtel Céramique 34, avenue Wagram Paris 8e
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